Shei tan, histoire d’une drag queen Réunionnaise

Postée le 24/09/2021

Documentaliste de jour, drag queen de nuit, Khazel, nous présente Sheinara Tanjabi ou Shei Tan pour les intimes, son alter ego. 

Côté pile, Khazel est un jeune homme de 27 ans plutôt timide. Côté face, il devient Sheinara Tanjabi ou Shei Tan, personnage de femme puissante et extravertie : “Moi je vois Shei Tan non pas comme un être humain mais comme un djinn, explique le jeune homme. Un djinn, c’est un démon dans la littérature arabe. Né du Piton de la Fournaise, son personnage reste proche de ses origines réunionnaises. "J’avais envie de mettre en avant mon identité en tant que personne queer, créole et racisée”, avoue ce dernier. 

Originaire de Saint-Louis, Khazel a eu du mal à faire comprendre sa passion à ses proches : “ Plus jeune, tout ce à quoi j’aspirais, tout ce autour de quoi je gravitais était un peu vu comme démoniaque. On m'appelait souvent le Sheitan “, se souvient le documentaliste. Son personnage lui a permis de faire la paix avec cette période compliquée. Le jeune homme s’est réapproprié ce pseudonyme “Sheitan” qui était censé le rabaisser et en a fait une force dans son art. 

D’une identité à l’autre, le Réunionnais joue avec son corps et vit son personnage. Avec des costumes fantasques, des perruques délirantes, des strass et des paillettes, Shei Tan fait le show lors des soirées drag queen à Paris. Elle fait ce qu’on appelle du lip-sync : elle danse et chante en playback de la manière la plus extravagante possible. Les performances de Sheinara Tanjabi sont bluffantes. Le drag lui a permis d'effacer beaucoup de complexes. “L’art du drag m’a permis d'apprécier un peu plus mon corps et de m’accepter un peu plus, car d’une certaine façon, c’est grace à mon corps que je peux mettre en scène mon art”, confie le jeune Réunionnais.