Le blues comme second souffle

Postée le 11/04/2022

C’est avec son harmonica et sa bouteille d'oxygène que Laurent Vancheri monte sur scène. Ce Réunionnais atteint de BPCO, une maladie pulmonaire, continue les concerts et les activités sportives.

Lorsqu’il a appris être atteint de BPCO, Laurent a tout de suite pensé à sa passion pour l’harmonica. Heureusement, il a pu continuer à jouer : “L’harmonica, ça a été ma bouée de sauvetage.” La pratique de l’harmonica l’aide même à entretenir ses capacités respiratoires. Avec son instrument et sa bouteille d’oxygène, il impressionne le public lors des concerts de blues avec son groupe Dégadézo. Mais depuis qu’il est atteint de BPCO, il a dû changer sa façon de jouer : “Je suis obligé de m’adapter. Je joue assis, avec l’aide de l’oxygène. Je privilégie plus les notes soufflées que les notes aspirées.”

“Je n’ai jamais fait autant de sport que depuis que j’ai été diagnostiqué BPCO."

Pour continuer de jouer, mais aussi pour continuer à marcher ou à parler, Laurent se doit d’être sportif : “Je n’ai jamais fait autant de sport que depuis que j’ai été diagnostiqué BPCO. Il faut continuer à mobiliser ses muscles puisqu’il faut lutter contre le déconditionnement physique. Comme un sportif de haut niveau, il faut veiller à son alimentation”. Haltères, marche à pied, piscine… Autant d’activités qu’il pratique avec son coach sportif, qui n’est autre que son fils, Robin.

Pour les personnes qu’il rencontre, Laurent n’a pas assez d’air dans les poumons. Mais c’est pourtant l’inverse :“Dans la BPCO, on a une sensation d’étouffement, non pas par manque d’air mais parce qu’on a trop d’air, et on n’arrive pas à évacuer.” Ses alvéoles pulmonaires étant partiellement détruites, l’air stockée dans ses poumons n’arrive pas jusqu’à ses organes.

3,5 millions de personnes sont concernées en France.

La bronchopneumopathie chronique obstructive est un rétrécissement progressif et une obstruction des voies aériennes et des poumons, entraînant une gêne respiratoire. Cette maladie est très répandue : 3,5 millions de personnes sont concernées en France et 17 000 morts en 2017. Mais elle est sous-diagnostiquée, comme ce fut le cas pour Laurent : “En 2007, je voulais avoir un bilan radiologique de mes poumons. On ne diagnostique pas encore de BPCO, même au stade 1. Je continue à fumer quelques cigarettes par jour. Et puis en 2011, les symptômes s’aggravent. C’est-à-dire une dyspnée très importante, au moindre effort. Je reconsulte, et là mon VEMS, qui était quasiment normal en 2007, qui était à 80%, avait chuté à 37.”

Aujourd’hui, sa VEMS (Volume Expiratoire Maximal par Seconde) stagne à 16%. Cela le rend vulnérable à toutes autres maladies, en particulier les maladies respiratoires comme la Covid-19. Les dernières années ont donc été particulièrement stressantes pour ce Réunionnais.