Gao Shan, l'animation peï

Postée le 27/08/2021

 Zombillénium, Yakari, Funan, J’ai perdu mon corps… Tous ces films ont un point commun : Gao Shan Pictures.

“C’est à la fois une société de production, c’est-à-dire qu’il y a des projets que nous développons, explique Arnauld Boulard, fondateur de Gao Shan Pictures. On va chercher des auteurs, on les signe, puis on cherche les financements et on développe. C’est quelque chose que nous faisons depuis 2, 3 ans. C’est aussi un studio d’animation, c’est-à-dire que là, on va fabriquer des longs-métrages principalement d’animation pour des producteurs autres. On est prestataire, c’est ce qu’on appelle de la production exécutive.”

Après avoir travaillé sur “Adama” auprès du studio Pipangaï, Arnauld décide de monter sa propre boîte : Gao Shan Pictures, et s’est lancé dans la production exécutive depuis 2017. “En 4 ans, on a une filmographie qui est très respectée et ça fait plaisir. On a eu de la chance aussi, je pense. On a eu la chance de faire nos choix sur ce qu’on avait envie de faire ou de ne pas faire. On a de la 2D, de la 3D, des films plutôt ‘auteurs’, même si on fait des films jeune public comme Yakari par exemple. On s’adapte vraiment aux besoins et aux envies des réalisateurs et des producteurs. Donc on a un côté très artisanal, je pense, qui fait notre spécificité.”

 “Tous les ans, on va réussir à intégrer une, deux ou trois personnes qui sortent de l’ILOI"

L’aventure Gaoshan permet aux Réunionnais amateurs d’animation de croire en un avenir professionnel à La Réunion. “Tous les ans, on va réussir à intégrer une, deux ou trois personnes qui sortent de l’ILOI, puis des Réunionnais qui étaient partis faire leurs études en métropole ou au Canada. Mais aussi des séniors, qui ont fait 10 ans à Bruxelles ou à Montréal, et qui reviennent parce que d’un coup, ils peuvent bosser chez eux. Donc c’est un vrai motif de fierté. Aujourd’hui, on a plus de 30% des effectifs qui sont des gens qui sont nés ici et qui avant, devaient partir pour faire leur métier, ou qui renonçaient et qui allaient vendre des chaussures. Je dis ça, parce que j’en connais !”

Alexia Payet, une stagiaire, explique : “à l’époque, quand je cherchais des choses ici, à La Réunion, c’était compliqué. On ne voyait pas grand-chose. C’était pas très bien communiqué, ce qu’il y avait ici.”

“C’est un peu la seule boîte d’animation qu’il y a ici"

Leurs films ont pu être sélectionnés et ont reçu de nombreux prix, notamment à Annecy, Cannes, aux Césars et même à Los Angeles. “C’est un peu la seule boîte d’animation qu’il y a ici, constate Alexia. En grosse production comme ça, oui. Qui a fait des films qui sont passés à la TV, au cinéma… Là ils sont sur des séries et je voulais voir. Je kiffe travailler sur de l’animation. C’est ce qui m’intéresse. Pouvoir faire un stage ici, en animation, c’est vraiment trop génial.”

Même si l’animation peut paraître méconnue du grand public, c’est pourtant un secteur en pleine expansion, comme l’explique Arnauld Boulard : “Déjà, il y a plein de métiers dans l’animation. Sur un long-métrage, il y a 15 à 20 métiers différents. Entre les modeleurs, les animateurs, des layout men, du composting… Il y a vraiment un gros besoin. Si vous êtes bon, la carrière est assurée. Donc il faut y aller.”